Interview de Peggy, fondatrice de Fractale, le magazine des entrepreneurs

Dreams

Rencontre rafraîchissante et inspirante avec Peggy, fondatrice et rédactrice en chef de Fractale, le magazine des entrepreneurs qui fait bouger les ligne !

PeggyPeggy peux-tu te présenter en quelques lignes, tant dans ton parcours professionnel que dans ta personnalité.
Qui es-tu Peggy !?!

Je suis la fondatrice de Fractale, un magazine qui fait bouger les lignes dans le monde de l’entrepreneuriat sur lequel on retrouve des billets d’humeur, des interviews, des analyses marketing, des portraits d’expatriés, surtout des sujets inspirants pour donner l’envie aux gens d’être entrepreneurs de leur vie !

Docteur en pharmacie

Je suis moi-même entrepreneur depuis l’obtention de mon diplôme de Docteur en Pharmacie, obtenu en 2001 à Paris. J’ai eu depuis toute petite l’envie d’avoir ma pharmacie et de ne jamais travailler pour un patron. Je l’ai bien sûr fait pendant mes études pour mettre de l’argent de côté pour acheter cette pharmacie, mais c’était dur… J’ai donc trouvé la pharmacie de mes rêves en 2002. Je l’ai conservée jusqu’en 2008, époque où j’ai décidé de tout changer car j’avais fait le tour du métier et le web était en train de tout exploser, donc je voulais me lancer dans un secteur nouveau.

Serial entrepreneur

Entre temps j’ai été journaliste santé-beauté pour plusieurs magazines professionnels de pharmaciens, puis fin 2008 j’ai lancé un site de vente en ligne de bijoux fantaisie chinés dans le monde entier (à l’époque c’était exceptionnel de faire ça, aujourd’hui beaucoup moins !) qui s’appelait L’accro du shopping en référence au livre…

En 2009, j’ai eu l’opportunité de reprendre un site de cadeaux que j’ai revendu en 2012 après 3 noël de folie à emballer des centaines de cadeaux toute seule ! Ensuite j’ai fait du consulting pour des marques de mode en marketing web, puis repris un site de mode japonaise, Japean.

En 2014, j’ai réalisé que je n’étais pas du tout faite pour la mode malgré ce qu’en pense tout le monde autour de moi – je n’achète même pas un magazine de mode ! et j’ai donc tout liquidé, le site, la société, mon appartement, et je suis partie vivre dans le sud de la France pour réfléchir à ce que je voulais faire de ma vie. J’ai donc décidé que ce serait journaliste !

8 mois plus tard, écrire sur mon blog, Réinventons la France, au bord de la mer ne me suffisait plus, je suis donc revenue en région parisienne, où à quelques jours de mon emménagement on m’a proposé de travailler sur We Love Entrepreneurs, un magazine du groupe Frenchweb qui traitait des entrepreneurs de la Frenchtech.

J’ai été remerciée en juin dernier… Entretemps, 15 jours avant j‘avais monté Fractale. C’était un signe, je me suis lancée à fond !

Respire

Qu’est-ce-qui donne sens à chacune de tes journées ? Qu’est-ce-qui te faire sourire et rire ?! Qu’est-ce-qui représente le moteur de ta vie ?! 

Ecrire, partager et transmettre ce que j’apprends chaque jour aux personnes qui me lisent et me suivent, voir le monde changer avant tout le monde, inspirer les gens, leur donner l’envie de prendre leur vie en mains, de ne pas s’auto-limiter, de se dire qu’il n’y a qu’eux qui doivent décider de leur vie, même si c’est risqué, compliqué et pas facile. Je l’ai toujours fait – et ce n’est pas tous les jours facile- alors pourquoi pas eux ?

Mon plus grand moteur c’est la liberté, faire ce que je veux quand je veux. Je n’ai pas pu faire ça depuis toujours bien sûr mais j’ai construit ma vie autour de cette motivation depuis que je suis ado. Une vie cela se crée chaque jour et ce qu’on a fait il y a 20 ans nous conditionne toujours, d’où l’importance de savoir où on veut aller rapidement…

Fractale est ton dernier bébé entrepreneurial. Qu’est-ce-que Fractale ? 

FractaleC’est un magazine en ligne dédié aux entrepreneurs. Pas forcément ceux qui créent une entreprise, mais à tous ceux qui refusent le système, les contraintes, les obligations, les emplois du temps, les « il faut que » de toutes sortes. J’y interview aussi bien des représentants des pouvoirs publics, syndicats, que dirigeant d’ETI ou PME, mais aussi des free lance, des artistes, des décideurs, seulement des gens passionnés et passionnants ! Les sujets doivent apporter quelque chose aux lecteurs, pas seulement les informer. A la fin de l’article, ils doivent avoir l’impression d’avoir trouvé l’inspiration pour faire ce petit quelque chose que va faire bouger les lignes. Sinon, c’est que l’article est pas bon (selon moi). Mais après mes articles font appel à l’intime, aux valeurs, au vécu des lecteurs, donc ils ne partagent pas trop ce qu’ils ont ressenti, comme on peut le voir sur des blogs ou les réseaux sociaux.

Comment est né Fractale ? Comment t’est venue cette idée puis ce désir de le créer ? 

La période où j’ai écrit sur WLE était top, j’ai adoré, cela m’a fait prendre confiance en moi, permis d’oser ouvrir des portes – c’est pas facile quand on n’a pas de diplôme de journaliste et qu’on sort d’une traversée du désert…-, d’avoir une rémunération en fin de mois sans stresser, mais il me manquait mon projet personnel et la possibilité de dire ce que je pensais vraiment du milieu entrepreneurial, des diktats, des tendances, des startupers, etc… Je suis de base une révoltée, donc tout ce qui est « normatif » – et ça en France il y en a beaucoup me révolte. Mais c’est une révolte positive, car elle m’inspire et m’incite à faire encore plus pour que les choses bougent et que chacun puisse accéder à ses rêves même s’il ne vient pas du moule du parfait petit entrepreneur : école de commerce, 10 ans dans une grosse boite, quête de sens, levée de fonds, notoriété, etc… On peut réussir même si on ne suit pas ce chemin !

A quoi ce webmagazine correspond-il dans ton parcours professionnel ? En quoi est-il aligné avec ce que tu construis depuis des années au fur et à mesure de tes expériences professionnelles ? 

Je ne sais pas s’il est aligné, car ce que j’aime c’est justement ne pas être alignée, ne pas avoir de cohérence avec tout ce que je fais, aller à l’encontre de ce qu’on attend de moi et de perde les gens en chemin qui ne comprennent rien à ma personnalité, mon parcours. J’avoue que parfois cela me stresse d’être un cas atypique partout où je passe, mais au fond de moi, j’aime qu’on ne sache pas vraiment qui je suis. Cela me donne l’occasion de pouvoir changer, m’adapter, m’engager et faire tout ce que j’aime sans avoir à me justifier et tout expliquer. J’ai d’ailleurs d’autres projets en cours et à venir qui n’ont rien à voir entre eux !

BalancoireTu es née la seule de ta famille à t’être lancée dans l’entrepreneuriat. D’ou provient ton goût pour ce mode de vie ? Commente expliques-tu ce trait de ta personnalité ? En quoi cela te correspond-il pleinement ? 

Il y a beaucoup de profs dans ma famille, mais ma mère a eu un commerce quand j’étais ado. C’était ma période préférée ! On était à part, différents des autres familles, c’était notre lieu de vie sa boutique à mes sœurs et moi. Ensuite ce mode de vie je ne sais pas, je ne supporte aucune autorité et qu’on décide pour moi, je veux être libre dans toute ma vie, donc c’est difficilement compatible avec autre chose qu’entrepreneur… J’ai beaucoup cherché d’où cela venait, et bien je ne sais pas ☺

En revanche quels domaines de l’entrepreneuriat t’obligent à « prendre sur toi » car cela te correspond moins ou ne t’attire pas, ou même, te dérange…? 

La partie commerciale je déteste ça ! D’ailleurs je n’en fais pas. Et cela me pose problème sur mon business actuel qui devrait être de la prestation (brand publishing, sponsoring…) mais dont j’entrevoie de plus en plus qu’il ne me correspond pas du tout…

Du coup comme j’avais en parallèle le souhait de reprendre une nouvelle entreprise – je suis meilleure en rachat que création – je me suis remise à chercher dans différents secteurs qui m’intéressent, sans ce « problème » commercial que je n’avais d’ailleurs pas sur mes précédentes entreprises. Ensuite il y a tout le networking, autant j’adore organiser des events – j’en ai fait pas mal à l’époque où j’étais ecommerçante- autant je déteste aller dans ces soirées où il faut assurer, être parfait, se vendre, être quelqu’un d’autre, du coup j’évite d’y aller… Et pourtant je suis beaucoup sollicitée ! Mais je préfère les rdv en tête à tête. Tout ce qui est « travailler son réseau » m’horripile ! Les gens si je les vois c’est parce que je les apprécie, pas pour qu’ils m’apportent quelque chose… Mais bon je dois être la seule à penser ça dans mon domaine ^^

Comment t’es-tu formée à l’entrepreneuriat ? 

Sur le tas ! J’ai fait 6 ans d’études, hors de question que je retourne en cours pour quoi que ce soit. J’ai appris à gérer une pharmacie pendant mes études, grâce à des titulaires qui m’ont tout transmis et puis ensuite en essayant, en me plantant, à l’intuition. Pour le web, j’ai pas mal galéré car en 2008 je ne savais même pas taper sur word Et pourtant depuis je monte des sites moi-même, je fais tout. Avec des tutos c’est faisable. Et puis il y a les échanges avec les gens que je rencontre en interview ou dans les events que j’organise. J’en suis à mon 5ème projet et j’apprends chaque jour, je réalise même des erreurs que j’ai faites il y a 6 ans aujourd’hui… Aucun cours ne pourra jamais apprendre autant que la pratique.

Et à te forger un « mental d’entrepreneur » ? A quoi cela correspond-il par ailleurs un « mental d’entrepreneur » ? 

A se planter et rebondir ? Je ne sais pas en fait. Si peut-être la confiance, savoir se débrouiller en toutes situations, ne compter que sur soi (ça, tout le monde ne le fait pas, c’est surtout moi ^^), être toujours sur le brèche, avancer tout le temps, ne pas se reposer sur ses lauriers, ne pas se contenter de ce qu’on a, etc…

Qu’est-ce-que tu trouves de plus exaltant dans ta vie en tant qu’entrepreneur ? Qu’est-ce-qui te procure le plus de plaisirs ?! 

La liberté, voir le monde qui change, apprendre chaque jour, relever des défis, faire des choses improbables, rencontrer des tas de gens que je n’aurais jamais pu en faisant autre chose, recevoir de messages de lecteurs qui me disent que grâce à mes articles, ils n’abandonnent pas et se disent qu’ils peuvent y arriver aussi, donner l’envie aux autres de se bouger pour eux et pour les gens.

Qu’est-ce-qui te pèse parfois ? 

En ce moment, c’est ne pas trouver l’entreprise que j’aimerais avoir en parallèle de Fractale, cela fait quelques mois que je cherche et j’ai l’impression d’être une feignante à ne passer mes journées qu’à écrire, rencontrer des gens et faire de la veille… Et surtout toujours devoir faire bonne figure même si je ne trouve pas, me justifier de mon emploi du temps qui n’en n’est pas un, de répondre à des phrases type « tu en as de la chance tu fais ce que tu veux bla bla bla » ou « mais tu vis de quoi, tu es riche ? ». Expliquer aux gens que je ne fais pas rien de mes journées mais que développer un magazine, écrire un livre (ou deux), et chercher une entreprise, même si je ne gagne pas ma vie momentanément, ça prend du temps et qu’on n’a rien en un claquement de doigt… C’est usant et ça fait perdre la gniak surtout.

Road

Tu travailles seule, comment parviens-tu à traverser et surmonter les obstacles, puis à te re-motiver ? 

Et bien des fois c’est difficile, alors je déprime dans mon coin, je vais au sport, au cinéma, je lis des livres de développement personnel, je cherche partout des trucs positifs, etc… Oui de loin ça fait un peu foufou, mais je suis à la fois seule dans ma vie pro et perso, ma famille vit à 1000km, donc je ne compte que sur moi-même quand cela ne va pas. J’ai pas mal de copines, mais je n’ai pas envie à la fois des déprimer avec mes coups de blues et passer pour celle qui n’arrive à rien dans la vie. Sauf une qui ne juge pas et m’écoute, alors je lui raconte. J’espère que je ne lui pourris pas la vie ^^ Bon après je ne suis pas souvent déprimée, je suis du genre à positiver, à voir le verre à moitié plein tout le temps et à éviter les gens toxiques qui te plombent ta journée en trois SMS échangés Et sinon j’ai commencé à faire de la danse il y a un an, ça c’est top pour avoir la pêche, aussi bien les cours, que la prof et les autres filles. Même avec une fracture ou une déchirure j’y vais ! (oui je me blesse beaucoup, j’ai trop d’énergie pour mon corps…)

Le plus difficile quand on crée son entreprise est souvent de savoir pivoter à temps, voir même à faire le deuil d’un projet auquel on tient profondément parce qu’économiquement, ça ne marche pas. Quel regard portes-tu là dessus ? 

Dans mon cas je suis plutôt du style à passer rapidement à autre chose. En gros si je ne me paye pas au bout de quelques mois et si je n’augmente pas rémunération sur les années d’après, je revends ou j’arrête. Ce qui de loin peut être vu comme de l’instabilité. Mais n’en n’est pas car je n’ai rarement perdu de l’argent et je me suis toujours payée au moins le SMIC sur toutes mes activités et beaucoup plus sur les autres. Pour moi l’échec c’est de s’entêter sur un projet voué à l’échec parce qu’on croit qu’arrêter est un échec. Or c’est continuer malgré tout jusqu’au point de non-retour qui est grave : ne plus pouvoir payer ses charges, son loyer, demander des aides de l’état, selon moi ce n’est pas ça être entrepreneur. Si tu te lances tu dois te fixer des dates où tu dois en vivre, en profiter et si tu en es à vivre du RSA, y’a un gros problème, car une âme d’entrepreneur, une vraie, ne demande pas d’aide de l’Etat. Après c’est mon avis et ma vision de l’entrepreneuriat, tout le monde ne la partage pas.

Et de ton côté as-tu vécu cette expérience de « renoncer » à une entreprise que tu avais ? Pourquoi ? 

Oui sur le consulting mode car cela ne me correspondait pas du tout et je ne voyais pas où j’allais. Et sur le site de mode japonaise, idem je ne me reconnaissais pas dedans. Je ne savais d’où venaient les vêtements, ni en quoi ils étaient faits, je m’étais perdue en chemin, donc j’ai préféré arrêter et faire une pause.

Aujourd’hui quels sont tes rêves et tes ambitions pour Fractale ? 

Dream Big, Set Goals, Take ActionAvoir de plus en plus de lecteurs, qu’ils soient inspirés et créent une vie qui leur ressemble. Faire bouger les lignes en France pour dire aux gens que tout est possible, même si c’est dur et que qui que tu sois tu peux y arriver. Tu ne deviendras pas Steve Jobs, mais il est mort alors on s’en fiche deviens toi avant tout ! J’écris aussi un livre qui devrait aussi sortir en janvier à partir des textes de Fractale pour que plus de monde puisse y trouver l’inspiration.

Et pour toi ? 

Trouver une entreprise dans laquelle je resterai un petit moment pour me poser et profiter de la vie, continuer Fractale, sortir ce livre, peut-être un roman, voire des textes pour un one-woman-show (si vous êtes intéressées, contactez-moi ^^), m’engager encore plus que je ne le fais via 100 000 entrepreneurs, PEPITE, Ticket For Change à travers les lesquels j’accompagne des jeunes à créer leur entreprise. Peut-être créer la mienne d’association, après tout ça…

Que souhaites-tu partager et transmettre via ton expérience d’entrepreneure ? 

Tout est possible, il ne tient qu’à vous de vous lancer, de batailler pour avoir la vie qui vous ressemble. On n’a rien sans rien, il faut se donner les moyens de ses ambitions et ne pas baisser les bras, le succès est au bout du chemin !

Merci Peggy pour ta générosité et ce si joli moment partagé !

On te retrouve chaque jour sur ton site www.fractale-magazine.com
et ta page Facebook www.facebook.com/fractalemagazine

Cendrine Genty

Présidente & Fondatrice L se réalisent. Journaliste & Productrice TV.

3 commentaires
  1. Très belle interview d’une femme que je lis régulièrement sur son magazine. Peggy assume ses positions, ce qu’elle est que ça dérange ou pas tout en restant respectueuse de l’humain. C’est ce qui me plaît chez elle car j’y reconnais mes valeurs.
    Et elle me fait découvrir ce blog. Beau projet !
    Merci pour cette rencontre
    Chaleureusement,
    Patricia

  2. Un régal de découvrir une partie de la personnalité de Peggy.

    Oui, « tout est possible, il ne tient qu’à vous de vous lancer, de batailler pour avoir la vie qui vous ressemble » car la vie d’entrepreneure est loin d’être un long fleuve tranquille, mais avec de la créativité, du talent, de l’humanité et de la persévérance, entreprendre peut être source de bonheur et de liberté.

    Merci pour cette interview, Cendrine.

  3. Merci pour cette pétillante rencontre !

    Mais je préfère les rdv en tête à tête. Tout ce qui est « travailler son réseau » m’horripile ! Les gens si je les vois c’est parce que je les apprécie, pas pour qu’ils m’apportent quelque chose… Mais bon je dois être la seule à penser ça dans mon domaine ^^ Non Peggy, vous n’êtes pas la seule !

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