Comment je suis passée de DA Web en agence à Webdesigner à mon compte, par Sarah Berrier

Wooden desk in a graphic designer office with some color swatches, headphones and a cup of coffee seen from above

Pendant des années, j’ai été webdesigner en entreprise et en agence. En 2011, j’ai eu envie de me lancer. Récit des différentes étapes qui m’ont permis d’être aujourd’hui à mon compte :

Avant de se lancer

1) L’expérience, le réseau
Très important : faire ses armes en entreprise avant de se lancer. Cela permet d’être en accord avec le monde professionnel qui nous attend, connaître ses codes etc.
Mais surtout se constituer un réseau de collègues : commerciaux, patrons, clients… autant de personnes qui représentent à eux seuls de potentiels futurs clients, ou de précieuses recommandations.

2) Définir son activité, jauger la concurrence
Qu’est ce que je veux faire de mes journées ? Quelles sont les prestations que je souhaite proposer à mes clients ?
Je me suis alors créé une liste (pour moi ça a été simple, étant déjà spécialisée) : Création de sites web, de jeux-concours, de newsletter et de bannières.

Pour chacune des prestations, je me suis « chronométrée » pour en sortir une moyenne, et j’ai demandé des devis à mes principaux concurrents, pour avoir un aperçu des prix du marché. Cette étape est très importante pour fixer ses prix au plus juste.

Ca y est, vous pouvez entamer les démarches !

3) Quitter son entreprise
Etant surexcitée à l’idée de me lancer, j’ai posé ma démission. Ce qui m’a empêché d’avoir des aides par Pole Emploi, et l’ACCRE. Heureusement que j’avais mis 2000€ de côté et que j’étais surmotivée car j’ai commencé avec 0.

Avec du recul j’aurais négocié une rupture à l’amiable, pour bénéficier du chômage et de l’ACCRE (exonération des charges sociales la première année). Ne faites pas comme moi, renseignez-vous !

4) Déclarer son activité : Choisir un statut fiscal et social
De loin la partie la plus compliquée. Je n’avais clairement aucune connaissance, j’ai du tout apprendre (vive internet !) Pour faire simple, deux choses sont à dissocier : le statut fiscal (la déclaration des impôts) et le statut social (le paiement des cotisations sociales) car il faut se déclarer indépendamment pour les deux.

Si vous êtes paumé faites comme moi : prennez rendez-vous avec votre centre des impôts (service entreprises), ils vont guideront.

A lire : Profession Graphiste Independant
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> Statut fiscal : entreprise ? société ?
Pour moi il n’y avait pas 36 solutions : je n’ai comme investissement qu’un ordinateur et mon cerveau, pas de fournisseurs à payer ni de risques. Je pouvais donc choisir une structure en nom propre à responsabilité illimitée. Si j’avais monté ma boite avec des fournisseurs à payer etc, j’aurais créé une société. J’aurais pu choisir d’abord Auto-Entrepreneur, et une fois que ça marche bien (au delà de 30 000€ environ de chiffre d’affaire à l’année), passer en Entreprise Individuelle. J’ai personnellement décidé de créer directement une Entreprise Individuelle, pour me mettre un « coup de pied aux fesses » et viser tout de suite un chiffre d’affaire qui me permettait de vivre. Avec du recul c’était un peu risqué… Un statut d’Auto-Entrepreneur pour débuter c’est très bien.

> Statut social : URSSAF, MDA…
C’est là où vous devez choisir, en fonction de votre activité, à qui vous paierez vos cotisations sociales : l’URSSAF, la Maison des Artistes, l’Agessa… Créant des œuvre artistiques (oui oui même sur internet, une charte graphique est une « œuvre » soumise à des droits d’auteur), je me suis inscrite à la Maison des Artistes.

Je me suis donc déclarée en tant qu’Entrepreneur Individuel eu centre des impôts (CFE), et en tant qu’artiste-auteur à la Maison des Artistes.
Les impôts m’ont attribué un numéro de SIRET, et la Maison des Artistes un numéro d’ordre, ce qui m’a permis de démarrer mon activité.

AGA5) Adhérer à un Association de Gestion agrée
Si comme moi vous êtes en entreprise individuelle, l’adhésion est vivement conseillée. Au delà d’une réduction d’impôts, elle permet, pour une cotisation annuelle (environ 200€/an en fonction des régions), d’être formé et accompagné lors de la création de son entreprise.
J’ai pu me former à la comptabilité (je n’ai pas besoin de comptable), aux formalités administrative (comment remplir les différents papiers à fournir à l’état tous les ans), mais également à gérer mon stress, mon temps etc.
Petit bonus : on rencontre pleins de gens aux formations, qui sont dans la même galère que nous ☺

6) S’inscrire à une caisse de complémentaire retraite
Obligatoire, pour moi c’est l’IRCEC (l’organisme varie en fonction de votre activité).
Facultative mais vivement conseillé : prendre en plus une retraite complémentaire personnelle. Grace à la Loi Madelin, vous pouvez passer une partie des cotisations en charge. Quelques euros par mois qui seront précieux à la retraite (surtout la notre, qui est très faible).

7) Ouvrir un compte bancaire dédié à son activité
Pas besoin d’un compte « pro », un simple compte suffit, il faut juste qu’il soit différent de votre compte personnel. Car chaque activité de votre compte doit être justifié en comptabilité (votre comptable ou inspecteur des impôts n’a pas spécialement envi de connaître votre budget shopping ☺)

8) Démarcher, prospecter, communiquer
C’est parti ! Pour avoir mes premiers clients j’ai mis le paquet : création d’un site internet avec mon portfolio, emailing envoyé à tous mes anciens contact pour les prévenir que je me lançais à mon compte, inscription dans des annuaires, démarchage etc. Et ça a payé !

Quelqu’un m’a dit une phrase que je n’ai jamais oublié lorsque je me suis lancée « Ne refuse jamais un client ». De loin le meilleur conseil que j’ai jamais reçu.

Quelques petits conseils pratiques

Toujours (TOUJOURS, même si le client c’est ton pote, qu’il parait sympa etc.) faire signer un bon de commande et, en cas de grosse somme, demander un acompte de 30%.

Dessin de l'excellente Pénélope Bagieu
Dessin de l’excellente Pénélope Bagieu

Se faire un petit récapitulatif des différentes obligations à effectuer tout au long de l’année : Déclarations d’activités, d’impôts, de TVA etc.

Créer un tableau Excel avec toutes nos factures émises, celles qui sont payées et celles en attentes (pratique pour les relances), mais également toutes les charges de l’entreprise. Cela permet de prévoir grâce à des formules toutes simple ce que l’on aura à payer l’année suivant en cotisations, TVA, impôts etc. Et à mettre cet argent de côté (globalement 40%)

Créer un agenda où l’on programme à l’avance ses semaines de travail. Cela permet de savoir où on en est et de toujours respecter les deadline des clients.

Ne jamais s’engueuler avec un client, toujours être respectueuse. Si le client parle mal, lui expliquer gentiment et s’il ne change pas, cesser la collaboration.

Voilà, j’espère que cet article vous aidera, n’hésitez pas à commenter cet article si vous avez des questions, ou des précisions à apporter quant à votre propre expérience !

A bientôt pour de nouvelles aventures,

Sarah

Découvrez mon univers sur mon site : http://www.sarahberrier.com/,
& ma page Facebook : https://www.facebook.com/sarah.berrier.webdesigner/
et si vous voulez en savoir encore plus (je suis flattée), il y a mon interview par Cendrine Genty

Sarah Berrier

Directrice Artistique de l'association L se réalisent, et Webdesigner Indépendante.

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